Sex and the Series: Iris Brey mène la révolution féminine télévisuelle

Docteure en cinéma, journaliste, auteure et désormais documentariste, Iris Brey explore les séries télé en long en large pour parler -et développer- les représentations des sexualités féminines à travers le petit écran. Mardi soir elle présentait au Festival Séries Mania -là où il y a deux ans elle faisait une conférence passionnante sur le même sujet- les trois premiers épisodes de sa série documentaire Sex and the Séries, extension de son livre éponyme sorti un an plus tôt. Comment Iris Brey mène t-elle, à partir des séries télévisées, une révolution féminine?

Il y a quelques mois je dévorais -par deux fois- le livre Sex and the Series : Sexualités féminines, une révolution télévisuelle d’Iris Brey. Un essai passionnant, juste et essentiel où l’auteure décortique les scènes de Girls, le générique de Desperate Housewives ou encore la place de la communauté LGBT sur le petit écran. Féministe convaincue et convaincante, Iris Brey explore dans ce livre les différentes représentations des sexualités féminines dans les séries que nous connaissons tous. Livre essentiel et juste, Sex and the Series est désormais une série documentaire -disponible à partir de Septembre sur OCS- qui se veut être l’extension, le prolongement, le développement et parfois même la nuance de ce que le livre est.

Les trois premiers épisodes interrogent trois séries dont la docteure et spécialiste des genres avait déjà parlée dans son livre. En effet, le premier épisode est consacré à Master Of Sex série crée par Michelle Ashford -qui intervient pour un entretien durant l’épisode- avec Lizzy Caplan -qui intervient également- Le second épisode parle de la série anglosaxonne Fleabag crée par Phoebe Waller-Bridge qui interprète le rôle principal. Le troisième et dernier épisode présenté en avant première est consacré à Girls -une évidence pour les lecteurs et lectrices du livre d’Iris Brey– la révolutionnaire série de Lena Dunham avec elle-même, Allison Williams, Jemina Kirke et Zosia Mamet. Durant ces trois premiers épisodes Iris Brey interrogent tour à tour les réalisatrices mais également les actrices qui se prennent rapidement au jeu. Les épisodes sont à la fois ludiques puisqu’ils nous apprennent tour à tour comment les questions des représentations sexuelles sont abordées au sein de la production mais aussi comment les réalisatrices et les actrices réalisent ces scènes intimes tout en évoquant également ce que ces scènes apportent de nouveau à la télévision.

Dans le deuxième épisode consacré à la série Fleabag, Iris Brey interrogent la créatrice et actrice Phoebe Waller-Bridge sur son personnage -qui porte le même nom que la série- qui a un rapport au sexe très différents des autres personnages féminins que l’on a pu voir dans d’autres séries. En effet, Fleabag est une révolution et une révolutionnaire du petit écran. Jeune femme ayant la vingtaine, Fleabag parle et pratique le sexe comme peu de personnages féminins ont pu le faire auparavant. Libre dans sa parole mais aussi dans ses actes, Fleabag cherche son plaisir avant tout. Si ce personnage est si controversé c’est bel et bien parce qu’il est -ou plutôt était- rare de voir un personnage féminin prendre du plaisir seule ou chercher avant tout son plaisir plutôt que celui de son partenaire -principalement masculin- Dans son livre, Iris Brey parle du fait que les séries télé ont évoluées sur la question des sexualités féminines et de leurs représentations notamment parce que des femmes ont pu obtenir des rôles plus importants dans les processus créatifs des séries -ou tout simplement autre que des rôles d’actrices- Ce qui se confirme de plus en plus. Si l’on revient sur quelques séries dont parle Iris Brey dans son livre comme Orange is the new black ou bien Girls, ces séries ont pu apporter un vent nouveau totalement décomplexé sur la question des sexualités à la télévision. Fleabag est dans cette continuité. C’est une série décomplexée et décomplexante dont Phoebe Waller-Bridge parle sans tabou. On y parle de porno, de masturbation féminine, d’orgasme et de tout ce dont les Desperate Housewives n’ont finalement jamais réellement parlées ou en tous cas pas de manière aussi frontale.

Iris Brey avec son livre et sa série documentaire semble être la porte parole, la messagère entre les shownrunneuses de plus en plus révolutionnaires et les spectatrices -et spectateurs- qui le sont tout autant.

 

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