The Neon Demon: la beauté fatale !

Cette année au festival de Cannes les films ont largement divisés les critiques. Sans aucune surprise, parmi les films qui ont le plus divisés on y retrouve The Neon Demon, la dernière création du réalisateur danois Nicolas Winding Refn, qui n’a pas échappé à cette tendance. Mais que vaut réellement le dernier film du réalisateur du très populaire Drive ou encore du très surprenant Only God Forgives

Si Nicolas Winding Refn a commencé sa carrière avec la trilogie Pusher, c’est pourtant des années après que le réalisateur commença à se faire remarquer notamment avec son film Bronson mais également et surtout avec le film Drive pour lequel le cinéaste remporta le prix de la mise en scène au Festival de Cannes (2011). Si Drive est le plus connu de ses films, il n’en est pas moins que c’est une parenthèse dans la carrière du cinéaste. Malgré le fait que le film soit issu d’une commande, il n’en est pas moins une très belle réussite. Toutefois il est , pour moi, une infime partie du potentiel de Nicolas Winding Refn à l’inverse de The Neon Demon qui est, sans doute, le plus abouti de toute sa carrière. 

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The Neon Demon aborde des thèmes universels et intemporels comme la beauté, la rivalité ou encore la vengeance. Ce sont des thèmes qui parlent beaucoup au cinéaste puisqu’il les a déjà abordé dans plusieurs de ses films. Mais ici les sujets du film sont exploités jusqu’à la réalisation. Rappelons que NWR -son nom est beaucoup trop long- maîtrise les images, le cadrage et les lumières comme personne. Nous n’allons pas voir un film de Nicolas Winding Refn uniquement pour l’histoire mais également –voir surtout- pour en prendre plein la vue -pour rester polie- et le cinéaste le sait.Il impose son nom sur son film, un peu comme le ferait un couturier sur une robe –NWR/YSL vous avez compris la comparaison-

D’ailleurs cette image de marque n’est pas sans rappeler le contexte du film. Rappelons que le film met en scène une jeune mannequin qui entre dans le milieu à la fois fascinant et terrifiant de la mode. Si j’ai choisi les mots « fascinant » et « terrifiant » ce n’est pas non plus par hasard -non, cet avis n’est pas une extension d’Inception-. En effet, comme je l’ai mentionnée plus haut, NWR exploite ses sujets jusque dans sa réalisation. La fascination pour ce monde d’apparence parfait est très visible dans l’image. Evidemment, les personnages sont d’une incroyable beauté. Une beauté surpassée par celle de la jeune Elle Fanning qui envoûte tout autant les personnages du film que les spectateurs dans la salle de cinéma. Mais au-delà des personnages et de la narration, la réalisation est parfaite. Tout est maîtrisé et pensé: les cadrages sont minutieux et mettent toujours Jesse – interprétée par Elle Fanningau centre de l’image afin de concentrer toute l’attention sur elle aussi bien à l’écran que dans la narration où elle attire tous les désirs. Chaque plan n’est alors que perfection. Une perfection recherchée par les personnages dans le film et que NWR met en oeuvre dans sa réalisation. Ainsi les images et la narration sont toujours en relation comme par exemple le fait que les personnages rappellent à plusieurs moments que Jesse à la « beauté d’un diamant brut », diamant qui apparaît alors plusieurs fois à l’image ou encore la présence très prononcée de miroirs qui, vous l’aurez compris, est un élément essentiel pour illustrer l’apparence, la beauté et la contemplation. Jesse va alors évoluer dans ce monde d’apparence et plein de vices. Des vices qui, comme la violence, deviennent à l’image contemplatifs. La violence devient fascinante. Le sang coule le long des corps comme un tissu fluide. NWR met donc en valeur la beauté. Une beauté qu’il va finir par détruire à la fois à l’image mais aussi dans la narration. En effet, les personnages subissent des destructions corporelles et mentales notamment le personnage de Jesse qui subit le sort d’une beauté fatale et éphémère. D’ailleurs, la beauté éphémère est plusieurs fois abordée dans le film au niveau des dialogues mais aussi dans la mise en scène comme par exemple lorsque  Jesse jette un bouquet de roses fanées au moment où elle même connait une évolution dans son comportement. 

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Avec The Neon Demon, Nicolas Winding Refn offre aux spectateurs un film beaucoup plus expérimental que tous ses autres avec, notamment, des plans digne d’un vidéaste plutôt que d’un cinéaste. Et ce n’est, encore une fois, pas par hasard puisque NWR se sert également de son expérience dans la publicité. Une expérience dans la publicité qui est, encore une fois, en lien étroit avec le monde de la mode, abordé ici –Nicolas WR a réalisé une publicité pour un parfum YSL– Il va même plus loin puisqu’il s’essaye au clip musical, qu’il aborde à la fin du film -avec la chanteuse Sia qui prête sa voix-

 

 

 

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