The Hateful Eight: Quentin Tarantino et ses salopards signent un chef d’oeuvre !

C’est avec une immense impatience que j’attendais le dernier long métrage du réalisateur, Quentin Tarantino. Il faut dire que depuis des années son univers violent et complexe me fascine. Eh oui, Quentin Tarantino soit on l’aime soit on le déteste, mais on ne peut nier son immense talent. C’est donc trois ans après Django Unchained que Quentin Tarantino nous livre un autre western. Cependant, celui-ci est bien différent. 

The Hateful Eight, Les Huit Salopards pour nous autres, est un huis clos de presque trois heures. Les actions sont donc minimalistes puisqu’elles tirent principalement leur essence dans les dialogues des personnages. Et si pour certains les huit salopards sont bien trop bavards pour d’autres -comme moi- leurs mots sont parfaitement bien choisis et d’une cohérence remarquable. Enfermé avec ses huit salauds à la gâchette facile, le spectateur se retrouve impliqué dans leurs conversations et surtout dans une situation qui, même-si de loin elle n’en a pas l’air, fait écho à notre époque.

Huit hommes qui ne s’apprécient pas vraiment voir qui se haïssent, qui sont tous peu ouvert d’esprit avec des propos racistes, sexistes et j’en passe se retrouvent enfermés entre quatre murs avec un blizzard dehors. D’ailleurs, cette description du film fait grandement penser au synopsis d’un film d’horreur, non? Peut-être même bien à The Shinning de Stanley Kubrick qui a enfermé ses personnages dans un hôtel miteux où la neige les empêche de sortir. Des dialogues qui, en plus d’être succulent, dynamisent le film au grès du ton des personnages, de leurs prises de parole et de leurs échanges. Le casting brillant, Samuel L.Jackson/Kurt Russell/Tim Roth…, est un des nombreux points forts du film grâce au jeu des acteurs épatant qui livrent des interprétations admirables -et même si Jennifer Jason Leigh n’a pas eu le Golden Globe elle le méritait amplement-

La violence, toujours très présente dans les films de Tarantino, ne manque pas à l’appel ici. Même si le film contient moins de scènes sanglantes que dans d’autres films comme Kill Bill par exemple, elle se trouve elle aussi dans les dialogues. Il faut dire que pour ce film Tarantino nous offre un film d’auteur où tous les enjeux et toutes les actions se trouvent dans les paroles des personnages qui sont guidés par leurs pensées le tout surélevé par des images incroyables. Un film où Quentin Tarantino revient sur des sujets qu’il a déjà abordés comme le racisme, la vengeance et bien d’autres encore, mais avec beaucoup moins de légèreté, avec plus de sérieux sans pour autant être moralisateur. La morale, ça emmerde profondément, Tarantino le sait et met son spectateur face à des paroles cruelles sans l’ombre d’une action héroïque.

 

Esthétiquement le film est éblouissant. Tourné en 70mm c’est-à-dire avec une pellicule qui offre un large panorama, le film est d’une beauté renversante. Et ce n’est pas que par pure décoration ! Le panorama offre des plans larges de l’auberge de Minnie -la pièce où se retrouvent les personnages- et permet au spectateur une vue d’ensemble et un œil sur tout ce qui se passe dans la pièce. L’intrigue de l’empoisonneur du café illustre parfaitement ce propos. Quant au montage, Tarantino choisit de découper son film en chapitre, comme il a pu le faire auparavant sur Pulp Fiction par exemple, et, en plus de rythmer le film, les chapitres permettent une unité entre les scènes qui forgent la réflexion.

Comment parler de The Hateful Eight sans sa dépaysante bande originale signée Ennio Morricone -récompensée par le Golden Globe de la meilleure bande originale- Une épopée musicale qui tend à la fois vers l’aventure -le western- et à la fois vers l’horreur.

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Rien ne fut laissé au hasard. Grâce à son originalité, son écriture et sa mise en scène, The Hateful Eight offre un chef-d’oeuvre cinématographique.

 

 

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